30/04/2006

*24*

 

 

 

Ton premier jour à l'air dit libre.

 

Tu sembles épuisé, tu pleures beaucoup, je te câline comme j'apprends, je te découvre, j'observe, tes toutes petites mains, tes fines jambes pourtant potelées, tes joues, déjà impressionnantes, ce petit bout de nez entre deux gros yeux perdus, cette bouche immense lorsque tu hurles.

Entre deux cris déchirants, tu tètes, tout de suite comme il faut, et chaque membre du personnel qui défile dans notre chambre me le confirme. C'est déjà douloureux, mais je me dis que ça va le faire. Je veux juste tirer les rideaux, éteindre la lumière, mais je suis interdite de levée, et la chambre du docteur de garde n'est en rien équipée, même pas d'un téléphone pour que je puisse demander de l'aide... On subit ensemble ce manque de calme après notre tempête.

Je me repasse ton entrée, j'en suis encore plutôt secouée. Je me dis qu'enfin, tu es là, que tout s'est finalement bien passé, précipité, c'est le moins que l'on puisse dire.

Ils m'ont laissé la perfusion, peu pratique pour te manipuler, ne serait-ce que poser ta tête quand tu manges. J'ai peur de te faire mal.

 

Une infirmière pas bien sympa vient pour une tension, une de plus, et m'oblige à appeler (avec quoi? des petits signaux de fumée?..) quelqu'un si l'envie-pipi arrivait, pas avant des heures, selon elle.

Je dois répéter plusieurs fois qu'elle est là, même si elle le refuse, selon ses grandes théories. Elle m'aide alors, (à regret?), et se poste juste en face de moi durant l'acte, génial, histoire de vérifier, peut-être. Je suis autorisée à tirer la chasse, un petit pas vers l'autonomie!

Me voilà "apte" à me lever toute seule, même si, merci, une aide soignante bien plus coole vient à mon aide pour que je puisse me doucher... Sketche, entre chaise "au cas où" et perfusion qui s'entortille, laisser glisser l'eau, respirer un peu. Le choc de revoir le haut de mes jambes, et ce ventre creusé, (tout est relatif hein?!..), sous un abdomen qui pendouille, qui ne sait plus du tout ce que sont les abdominaux... (L'a t'il jamais su, d'ailleurs?)

Je te retrouve bien vite dans le lit, oups, hors de ce berceau de plastique, tu me sembles mieux au chaud contre moi, et "faites comme vous le sentez", ben, je vais me gêner!!!

Je n'arrive pas à marcher, ni à m'asseoir, je te fais rouler quand je veux te prendre, assise d'une fesse sur le lit, incapable de supporter ton poids, pour l'instant. (3,770kg, un bon gros pépère!!)

Tu cries, toujours, tu bois ce premier lait, qui ne te rassasie pas...

On part enfin vers une chambre destinée aux couples comme le notre, avec téléphone et télécommande pour les rideaux, la grande classe quoi..!

Je suis épuisée.

Je me sens bien.

Je ne cherche pas à dormir, juste te sentir respirer, promener mes mains le long de ce petit corps tout neuf, savourer. Ne pas en perdre une miette!

Chouette, ils nous apportent à manger!

Boooo, de la morue à l'eau avec un légume méconnaissable sauce H2O...

Bon app'...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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