03/05/2006

*26*

 

 

Ton papa dit s'en vouloir de me laisser "seule".

Moi j'avoue me sentir coupable de t'avoir rien que pour moi, par la force des choses.

On reparle de ce matin, il se dit surpris par tant de détermination, je me dis surprise par tant de sang froid. Le plus courageux, dans cette histoire, c'est sans aucun doute : toi! Ton grand voyage, le plus éprouvant, petit homme dont je suis déjà tellement fière...

Ton papa me laisse à mon second délicieux repas (oh, encore de la morue...), pris sur le pouce, ou plutôt sur les genoux, avec tes cris en fond sonore.

J'ai commandé pour mon portable un nouveau chargeur et une nouvelle batterie tout exprès pour n'être pas trop isolée pendant notre séjour blanc.

Le chargeur ne semble pas vouloir marcher, ici.

Tard dans la nuit, déjà matinale, je reçois un sms-réponse (j'en ai expédié deux seulement quand on est arrivés dans notre première chambre). Je rappelle ma copine Ingrid, qui t'a déjà vu "de dehors" il y a quelques mois, et on parle une bonne demie-heure, avant que tu ne me rappelles pour une tétouille. (Tu es bien entendu dans mes bras pendant toute cette conversation hein, ne va pas t'imaginer!!...) 

Mes biberons sont très douloureux, mais c'est tellement mignon de t'y voir cramponné... Près d'une heure à chaque fois, tes lèvres sont sèches. Je sais que le vrai lait n'est pas encore là, il arrive, il arrive...

Je ne peux pas me résoudre à te mettre dans ce bac synthétique, je te garde contre moi, couverture rejetée, juste le drap qui te coince un peu, et mes bras, bien sûr.

Je ne dors pas, quelques pauses de dix minutes parfois, je te regarde.

Les lumières de la chambre sont trop agressives, mais j'ai besoin d'un minimum de clarté pour être sûre que tout va bien. Je garde même mes lunettes, pratique, comme on l'imagine.

Tu hurles pas mal, j'essaie de te calmer, difficilement.

Je t'embrasse longuement entre les deux yeux, c'est étonnament doux, comme tout le reste de ton corps, d'ailleurs.

Prises de température pour toi, prises de tension pour moi. La perfusion me fait mal.

Les puéricultrices me montrent l'astuce "du doigt", pour apaiser un peu ton besoin de succion. Au bout d'un moment, j'ai mal là aussi..!

Le frottement du soutien-biberons m'est peu supportable.

 

Demain, tes grands-parents viennent te voir!

Tu es leur unique petit-enfant..!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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