03/05/2006

*27*

 

 

Le matin arrive, sans que la nuit ne soit vraiment passée.

J'ai beaucoup pensé à ce grand frère ou cette grande soeur qui n'est jamais arrivé(e), consciente que si les choses avaient été autres, c'est toi qui ne serait jamais venu... Je lui garde une large place, consciente, avec beaucoup d'amour frustré, et je me promets de te rendre heureux pour vous deux, comme un hommage.

 

Quand ce n'est pas toi qui hurles, les petits copains de l'étage se chargent de faire régner le non-calme.

Le temps d'émerger un peu, les infirmières viennent pour mes soins, et... "C'est quand le ptit dèj, je meurs de faim..." "Ha? Vous n'avez rien eu?"

J'apprends qu'il fallait aller dans le hall, (en public, ils sont malades ou quoi?!), jusqu'à 9 heures..! Ils daignent quand-même avoir pitié de moi et m'apportent un quignon de pain avec un chocolat. (J'avais mis de côté la pomme de la veille, sans penser qu'un jour elle m'appellerait, ben...).

Entre les heures de tétouilles, je me décide à me doucher. Avant de comprendre qu'une fois de plus, la perfusion bloque mes vêtements (une modeste chemise de nuit mode vache mais bon...). Une aide-soignante vient à la rescousse, et je dois mettre ton berceau dans la salle de bain, pour que tu puisses m'entendre, me distinguer un peu, ce qui te calme de manière évidente.

Je te parle sans cesse.

Tu t'endors un peu, parfois.

Avant l'heure du repas (chouette!), une dame vient me faire choisir mes futures denrées, et j'apprends que c'est la personne avant moi qui avait tout misé sur la morue, qui revient pour une dernière virée ce midi. Peut-être était-ce une plaisanterie? Humpf... Je mise tout sur ce qui peut ressembler à de la viande, ouste les soupes à mémé et autres réjouissances, à moi les oeufs mayo!!! C'est permis. Surtout qu'ils n'oublient jamais les épinards, alors il faut bien compenser.

Le pédiatre vient te voir pour ta première visite. Il te trouve hyper tonique, et te classe dans les "bébés douloureux" ("Vous avez été très inquiète durant votre grossesse, non..?"), me conseille la visite d'une ostéopathe, et m'assène une réalité médicale qui me tombe dessus comme une chape de plomb... Un "détail" que je n'avais pas vu. Qui ne lui a pas échappé. Auquel j'aurais préféré, et de loin, que toi tu échappes... Je me demande comment ton papa va réagir, j'ai peur pour toi.

Le ciel est sombre, tout d'un coup.

 

Je trouve une nouvelle méthode pour que tu me laisses un peu dévorer presque en paix : au lieu de tenter de te poser quelques minutes dans ton couffin, je te mets en travers de mes cuisses, la serviette dessus, et hop, un innovant set de table prêt à l'emploi, et qui ne crie pas!

Je planque une banane, on ne sait jamais, avec les chocolats que ton papa nous a confiés, on devrait subvenir à nos besoins...

 

J'ai enfin les résultats de ton groupe sanguin, O+, et ce qui devait arriver arrive : je dois faire ce vaccin "sous haute surveillance pour cause d'allergie" ... Mais la jeune infirmière n'est pas à l'aise pour me dire que l'anesthésiste a trop à faire pour venir là, même si les risques sont importants. Elle a des feux verts oraux, et la tremblotte... Je lui propose de payer les suppléments à ce docteur hyper occupé, pourvu qu'il fasse son travail. A force de trembler, elle me décroche la perfusion, je vois bien ses yeux humides, mon poignet gonflé (dire que l'anti douleur partait à côté de la veine, c'est bien ma...), et s'excuse de devoir repiquer. Je ne sais que lui dire pour la calmer, ce n'est pas son manque d'assurance qui m'agace, mais la nonchalance médicale. Un hôpital privé où je n'ai jamais vu aucun médecin... Je te regarde, toi, dans ton petit bac transparent, et ma seule crainte si l'oedème (de "coinque"?) est avéré, c'est de te laisser seul. Elle flippe, je suis trop fatiguée pour vraiment réagir.

Pendant qu'elle fait d'autres soins ailleurs, insistant pour que je sonne au premier symptôme, je ne trouve pas mieux que de débrancher la télécommande d'appel, juste pour tester mon fameux chargeur... Ce qui a pour effet de le faire sonner, une fois rebranché (le chargeur est définitivement grillé)... Elle arrive en panique, et quand je comprends le pourquoi, ça m'amuse. Elle finit par se détendre, tout va bien, et ce n'est pas grâce à l'anesthésiste ni à sa surveillance!

 

Il me reste juste le temps de ranger un peu avant l'arrivée de tes grands-parents (paternels)!

 

Alors que je suis sensée te couvrir pas mal pour ce grand changement de température qui t'es imposé, tu es trop chaud... Je te laisse en body, et j'ouvre la fenêtre presque en continu, en pleine fin décembre...

Tu te griffes fort, trop fort, ce petit bout de visage...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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