02/06/2006

*39*

 

 

Le temps a présent ne se divise qu'en tétées, multiples et peu variées.

Depuis la maternité, je remplis mon carnet avec les heures de début et de fin. Le rythme est rapide, une heure à chaque fois, toutes les une heure et demie! Et je te garde les vingt minutes qui suivent pour m'assurer que tout se passe bien "dans toi"...

Je lutte pour avoir "l'autorisation" d'aller me doucher, je mange en catastrophe, mais je sais que ton lait ne peut pas être complet sans cela.

Je m'installe comme je peux, sur le canapé ou sur le lit, aidée de monsieur polystyrène.

Rapidement, tout mon cou se bloque, fini le confort facile du lit de l'hôpital, avec sa petite télécommande et ses inclinaisons à gogo.

Je ne peux plus tourner la tête!

Cela tient aussi probablement au fait que je dors toujours avec toi sur moi, ou contre moi, et que je passe beaucoup plus de temps à te regarder qu'à dormir... Puis les heures où tu manges, pendant que je te regarde, encore. Je ne me lasse pas!

Et j'en profite pour te prendre et reprendre en photo, acrobatique, parfois, pas dégourdie, surtout..!

Chaque mimique me fait rire, m'apaise, même quand je dois respirer bien lentement pendant que tu pompes comme un sauvageon!!! Ces instants de choix m'apportent un bonheur psychique aussi puissant que le niveau de douleur physique automatiquement associé. Le bilan est bien évidemment magnifique. Quand tu relâches les mâchoires, repu, tu es tout mou,  le "bébé chiffon" qui remplace le "bébé colère" des instants qui précèdent... On peut te rouler en boule au fond d'une poche, tu dors le sourire aux lèvres, en paix.

Et lorsque tu t'éveilles, on entend à nouveau ta douce voix d'affamé perpétuel : c'est reparti!

On pourrait penser que tes volumes de joues proviennent des efforts fournis pour t'alimenter, et ceux-là y contribuent sans doute, mais tu es arrivé vers nous avec cette même bouille joufflue, "Oh! C'est tout son père!!!"

Moi, je vois surtout que tu tiens ça de ton grand-père, comme ce cou "épais" qui ne m'autorise à fermer aucun dernier bouton au col de tes petits pyjamas.

 

 

[ Quand j'ai vu ta tête sur la dernière, genre "Les parents vous êtes gaga ou quoi?!..", j'ai jugé préférable de te laisser tranquille... Pour cette fois!]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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